Conférence Publique : Prof. Dr. med. Daniel Savioz a répondu à nos questions sur le thème de l'obésité

02.11.2016

Quelle est donc la réponse actuelle à cette question ?
La réponse est, sans aucun doute, oui ! Ces dernières années, des évidences répétées nous ont permis de démontrer que la chirurgie bariatrique permettait de traiter les patients diabétiques, sévèrement obèses, mieux que les traitements médicamenteux conventionnels. Plus que cela, le traitement chirurgical, par exemple par by-pass gastro-duodénal, est également efficace chez des patients diabétiques, modérément obèses. On connaissait évidemment le lien intime entre l’obésité et l’apparition du diabète, provoquée par la résistance à l’insuline, liée à l’accumulation de graisse dans les tissus. Aussi, une perte pondérale permet logiquement de mieux réguler le taux de sucre dans le sang, en améliorant l’efficacité de l’insuline. La grande surprise a été de constater, qu’une amélioration du diabète chez les patients opérés par chirurgie bariatrique était quasi immédiate, et pas directement liée à la perte pondérale. Le concept initial de « restriction-malabsorption » ne permettait donc plus d’expliquer ces bons résultats. Une part de l’explication, mais pas la totalité, a été donnée par la découverte de l’activité d’hormones digestives, tel que par exemple le GLP-1, dont le taux de sécrétion change immédiatement par l’intervention, et engendre des modifications de sécrétion de l’insuline et de la résistance à son activité.  En d’autres termes, une logique métabolique vient compléter le concept initial de « restriction-malabsorption ».

Ces changements hormonaux nous permettent également de mieux comprendre pour quelles raisons, les patients après by-pass gastroduodénal présentent une période d’absence de faim, liée par exemple à la diminution d’une autre hormone, la grehlin. Maigrir sans avoir faim est exactement l’inverse des régimes dangereux, basés sur la restriction cognitive que nous avons déjà évoquée.

Quels patients peuvent donc, pour l’heure, profiter de la chirurgie métabolique ?
Chaque patient souffrant d’obésité sévère ou morbide (c’est à dire avec BMI supérieur à 35) et de diabète de type II, requérant ou non de l’insuline, devrait pouvoir bénéficier d’une évaluation en vue d’une éventuelle chirurgie métabolique. Selon les circonstances, les résultats attendus d’une telle chirurgie pourront être nuancés, et l’indication opératoire pesée. Les patients souffrant de diabète de type ll et d’une obésité modérée, devraient, dans un avenir proche, être inclus dans une telle démarche.

De nouveaux types d’interventions sont en cours d’évaluation pour tenter de résoudre le problème du diabète de type II, non lié directement à une obésité.

Au tout début de son développement, la chirurgie métabolique s’adresse donc d’ores et déjà à de nombreux patients pour leur plus grand bénéfice.

A propos

Prof. Dr. méd. Daniel Savioz

Spécialiste en chirurgie générale et traumatologie et chirurgie viscérale, membre FMH