Dr. Med. Nicolas de Kalbermatten a répondu à nos questions sur le thème du diabète

05.11.2016

Que pouvons-nous attendre de la science dans les prochaines années dans le domaine de la prévention, du dépistage et du traitement du diabète ?
Jusqu’à aujourd’hui le scientifique, comme le politique, ont essayé de réduire cette courbe ascensionnelle en intervenant là où il y avait le problème : comment faire maigrir les obèses pour prévenir l’apparition d’un diabète de type 2 ? Ceci est de la prévention secondaire. 
La lutte est difficile et on intervient quand la maladie métabolique est là. L’accès illimité à l’alimentation, la volonté de se sédentariser le plus possible, l’accélération du rythme de vie avec toutes ses conséquences désastreuses sur l’individu de plus en plus stressé et anxieux, ont poussé les individus dans des comportements inadéquats qui vont de la malbouffe, à la dépendance de toxiques, alcool et tabac. Si l’on veut être efficace dans le futur, il faudra repenser tout notre modèle socio-économique et centrer nos actions sur l’individu dans son environnement, et non pas sur la croissance et ses performances. Ce pari ne pourra être gagné que si les scientifiques et les politiques se rencontrent pour établir les vrais enjeux de la santé publique : offrir la possibilité à l’homme d’avoir accès à une alimentation saine, lui donner les moyens d’avoir une activité physique réaliste dans sa vie de tous les jours. Ces actions devront toucher toutes les couches sociales, et surtout les plus défavorables. C’est dans cet environnement que le surpoids explose. 
Sur le plan thérapeutique, les grandes études avec des médicaments n’ont donné que des résultats mitigés. Seule la perte de poids permet de retarder l’apparition du diabète : le mieux est de ne pas en prendre dès l’enfance. La chirurgie bariatrique, qui était réservée autrefois aux gros obèses, est maintenant entrée dans l’arsenal thérapeutique de prévention du diabète. Cette technique qui permet mécaniquement de perdre du poids retarde l’apparition d’un diabète de type 2, et permet aussi d’éviter l’apparition de complications invalidantes chez des diabétiques obèses jeunes.
Concernant le traitement du diabète, de multiples pistes sont ouvertes ; greffes d’ilots, pompes intelligentes couplées à une mesure en continue de la glycémie, chirurgie bariatrique, prise en charge et accompagnement professionnel du patient durant le traitement.

Mais la prévention du diabète de type 2 ne sera possible ces prochaines décennies que par une intervention précoce et efficace sur le style de vie de l’homme. Ce doit être une intervention de prévention primaire. L’individu modifie de telle manière son comportement, que la maladie métabolique n’apparaitra pas. Le défi n’est pas seulement médical, mais surtout sociologique. Le monde de demain sera un monde de prévention primaire ou non. Il n’y a probablement pas de plan B !